Ca cocotte! Publication Scientifique - un blog qui clarifie les enjeux de la production académique

jeudi 7 novembre 2019

Politique de la publication scientifique

Les liaisons dangereuses des universités, politiques et éditeurs scientifiques 

[modification le 14.11.2019]



CC0 barbelé
Il n’y a pas beaucoup de secteurs numériques où les européens excellent. Mais dans le domaine de la publication scientifique digitalisée, des éditeurs européens sont des leaders dans le business mondial : Elsevier, Springer-Nature, Taylor & Francis, et nouveaux éditeurs Open Access (OA) Frontiers et Molecular Diversity Preservation International et Multidisciplinary Digital Publishing Institute (MDPI). L’Union Européenne (UE) fait de sa priorité le marché unique numérique, et vise à faire tomber les barrières réglementaires de 28 marchés nationaux. Le but ? Faire du numérique un moteur de croissance européen. La Budapest Open Access Initiative (BOAI 2002) vise quant à elle le partage universel des connaissances, et Open Science (OS) vise une science collaborative et reproductible.

Ces intérêts contradictoires au sein d’une université, d’une nation ou au sein de l’Europe se télescopent, et les principes de l'OA et de l'OS ne sont pas appliqués à la scientométrie et à la gestion des flux des publications générés par l'exploitation des données des publications. 

jeudi 10 octobre 2019

Education des médias à Open Science (Partie 2)

Open Science - une opportunité pour le journalisme scientifique

[Publication le 10.10.2019, mise à jour le 15.10.2019]

Articles connexes 
05.10.2019 Les universités suisses ont-elles encore besoin de journalistes?
14.10.2019 Scientifiques, communicants et journalistes: un ménage à trois acrobatique 

Le billet précédent, Science - des choix rédactionnels journalistiques contestables, a montré que des médias réputés tels que la RTS, Le Temps ou la NZZ ont parfois relayé des articles scientifiques douteux. La rédaction par les médias ou les communicants insitutionnels s'éloignent parfois du sens de la source primaire. Ce qui amène l’idée d’une formation à Open Science pour aquérir de nouveaux outils et éviter la propagation de 'flawed ou fake ou junk science', ou de résultats gonflés pour capter leur public.

Le Fond National Suisse (FNS) offre des formations aux médias aux chercheurs depuis des années. A leur tour, les journalistes et communicants institutionnels pourraient être formés à Open Science pour améliorer - la sélection de contenus scientifiques à relayer - et la précision des comptes rendus. 

Une proposition a été formulée sous forme de posters pour swissuniversities Open Science Action Plan: Kick-Off Forum du 17 octobre 2019. Swissuniversities, le FNS, et l'Association Suisse des Jounalistes Scientifiques (ASJS) peuvent s'unir et commencer à s’engager à sensibiliser les journalistes et communiquants institutionnels à Open Science.

lundi 30 septembre 2019

Education des médias à Open Science (Partie 1)

Science - des choix rédactionnels journalistiques contestables

[Publication 30.09.2019]


CC-BY Emmanuel Boutet Coups de foudre sur Saint-Julien-en-Genevois
'Le journalisme scientifique n’a jamais été aussi important' et 'La science doit être mieux traitée', plaide le journaliste Olivier Dessibourg, président de l'Association suisse du journalisme scientifique, journaliste scientifique à Le Temps, et fondateur du site d’information scientifique du nouveau média heidinews. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga renchérit avant la conférence World Science Journalism Conference de juillet 2019 à Lausanne: 'Le journalisme scientifique ne doit pas être le parent pauvre des rédactions'. Mais...

La moitié des 1656 journalistes sondés aux USA admettent qu'ils sont incertains à pouvoir repérer des recherches biaisées, truquées ou fabriquées. Qu’en est-il en Suisse? Depuis 2 ans et demi, j'observe que des médias réputés tels que la RTS, Le Temps ou la NZZ ont parfois relayé des articles scientifiques douteux, qui justifierait l’idée d’une formation à Open Science. Voici quelques exemples de contenus médias contestables; des thèmes de formation sont proposés en italique : 

mercredi 21 août 2019

Enjeux de la publication scientifique

Suivre encore la politique de la production académique!

[Publication 21.08.2019]
A la vigne pour digérer les lectures (CC-BY Karen Vigne en véraison 2) 
De la publication scientifique...
J'ai passé une bonne soirée à la fin de l'été avec une ancienne connaissance. Son intérêt et sa gourmandise pour le sujet de la publication scientifique en Suisse m'ont fait réfléchir...

Plus d'un an de découragement et de perte de sens pour le sujet, sans force pour synthétiser des informations ou des histoires. Et voilà qu'une discussion de bistrot éclaire mes errements sur Twitter ou mes réactions à des institutions ou à la presse romande. Je n'ai pas de facilité à écrire, je suis embrouillée, incertaine, lente, découragée par les réponses terriblement silencieuses des institutions et journalistes. Mais il faut reconnaître que j'aime ça...

Recherche d'emploi: échecs. Recherche de formation: trop cher ou non éligible. Coaching: mangé par la dépressivité. Désorganisation. Finalement, retour à mes tous premiers amours, le plein air en nature. Découverte de l'école et du monde pré-scolaire, entre genou cassé, poumons essouflés. Le sens est revenu peu à peu, grâce aux mains dans la vigne et au jardin, aux chèvres, poules, moutons, et ânesses, et grâce à la manivelle du moulin pour l'huile de noix. En classe et en garderie, au contact des petits et grands enfants si fragiles et si vrais. Un projet de reconversion vers l'éducation à l'enfance et à l'environnement germe lentement, et mes horaires irréguliers me permettent tout de même de lire et réfléchir sur la publication scientifique, à mon niveau de citoyenne.

... à l'information citoyenne...
Sciences citoyennes, cela pourrait être aussi saisir les contours de la publication issue de la recherche fondamentale ou appliquée ou des expertises. L'enjeu de l'Open Access et l'Open Research Data ne se limite pas à l'accès à l'information, il s'étend à la validité de l'information ('fake' et 'flawed' science) des articles primaires, des communiqués institutionnels, et de la presse, qui façonnent l'opinion publique. L'enjeu s'étend aussi aux coûts de la publication scientifique digitale inclue dans l'enjeu mondial de la fiscalité des entreprises digitales, et à l'évaluation des chercheurs et des institutions.

Des sources d'information
Alors voilà, ce matin, au réveil, j'ai saisi le clavier, et sélectionné des sources d'information que j'apprécie sur la publication scientifique, sous-domaine de la politique des sciences.

J'espère que ce partage sera un peu utile, cher lecteur.
Et n'hésitez pas à me signaler vos coups de coeur!
Bonne reprise.

Sylvie Vullioud

jeudi 13 décembre 2018

Automatic reviewing tool

Are texts and personal data of researchers reused by Elsevier to develop commercial AI reviewing products?

[Publication 13.12.2018]
CC0-Graphicalbrain 


European copyright does not allow Text Mining on scientific articles

For the moment, many subscription journals practice a complete copyright transfer after acceptance of author manuscript by contracts or acceptance of general conditions.

Copyright transfer to publisher in practice means that Text Mining (TM) is only possible where Fair Use exception of copyright applies, such as USA and UK: only for non-commercial purpose. The rest of Europe does not have such disposition: even for researchers working in universities with already paid site licenses for metadata, references and attached abstracts, or full texts of articles, they have to pay licences to perform TM.

Plan S position shows that the current use situation of copyright of scientific articles may not be satisfactory for further research, including TM and Artificial Intelligence (AI) developement. Plan S states that researcher-author of article should retain copyright and apply an CC-BY license, to allow easier re-use of article, as stated in the Berlin Declaration. The copyright reform in EU includes debates on a kind of introduction of Fair Use exception for research purpose. 

PlanS and copyright reform clearly consider TM as a high issue for research. Some persons and groups even think to allow TM for commercial purpose for the benefit of innovation. But to my knowledge, legacy publishers are not supporting introduction of fair use.  


mardi 20 mars 2018

Green Open Access strategy

Liège OA model 

Why should you sign the open letter Pour une science ouverte en Fédération Wallonie-Bruxelles? 
[Publication 20.03.2018]

Green Grass and Blue Sky, CC0
This is a call to Switzerland based (and European) researchers, librarians, archivists, swissuniversities and Swiss National Foundation members to sign the open letter intended for Belgian Parliament

mardi 12 décembre 2017

DMP-Experimentation animale

Data Management Plan

Inclure les données de l'expérimentation animale à des fins de transparence, validité et reproductibilité?!

[Publication 12.12.2017]

Mettez tous vos oeufs dans le même panier, le DMP! Photo Egg textures CC-BY Lobo

Depuis Octobre 2017, le Fond National Suisse (FNS) exige un Data Management Plan (DMP) lors de la soumission de projets. La transparence de l'expérimentation animale de la recherche pré-clinique devrait être maximale pour une meilleure reproductibilité, validité externe, translation et pour l'application des 3Rs (Refine, Reduce, Replace animal experimentation).

C'est pourquoi un DMP en recherche pré-clinique pourrait comporter les données de l'expérimentation animale.

Ce "DMP modèle" présente des éléments clés qui pourraient y être inclus, dans le cas d'une étude pré-clinique basée sur le test d'une hypothèse, appellée aussi étude de confirmation.


Cet embryon de DMP est une sorte de réponse aux documents publiés en 2016-2017, un essai pour participer pratiquement à l'amélioration de la validité de la recherche biomédicale et pré-clinique en Suisse.
J'espère que ce modèle inspirera des chercheurs biomédicaux et leur sera utile pour leurs réflexions! 

English translation below...

jeudi 31 août 2017

Publication de données scientifiques

Dataset : le libre choix de licence au chercheur-auteur !

[Publication 31.08.2017]


Choisissez ce qui convient à votre recherche! (Photo Fruit stall at Barcelona market CC BY-SA Andy Mitchell)
Un dataset, nouveau type de publication de jeu de données scientifiques, est soumis à droit d'auteur. Le choix d'une licence, le datalicensing, est délicat. Il doit tenir compte de l'intégrité scientifique, du droit d'auteur, et du contexte de la recherche. Le choix de datalicensing revient au chercheur-auteur, qui maîtrise le mieux le contexte de sa recherche.

Les hautes-écoles, coordonnées avec swissuniversities, devraient communiquer cette liberté de choix au plus vite, et proposer des marches à suivre dans des commentaires de règlements ou dans des page web institutionnelles.

Cette clarification présenterait des avantages pour le chercheur-auteur. Il pourrait ainsi:

  • éviter de s’arracher les cheveux lors de la rédaction d'une requête au Fond National Suisse (FNS): « qui sera propriétaire des données et quelles licences seront appliquées?» 
  • profiter de pratiques de dataset licensing cohérentes entres hautes écoles; 
  • être motivé à publier des datasets par l'exercice de la liberté de choix de licence.


lundi 15 mai 2017

Droit de republication


Droit de republication

Des textes législatifs pour faciliter le green open access par les chercheurs !

Appel aux professeurs et juristes des universités suisses spécialistes de la propriété intellectuelle

Quel texte de loi modifier pour parvenir à interdire le transfert exclusif du droit d'auteur à l'éditeur? (photo CC0)

[Publication 15.05.2017, mises à jour 25.05 and 26.06 2017]


La stratégie Open Access (OA) publiée par swissuniversities le 31.01.2017 formule: "Pour assurer la durabilité de la transition vers l’OA, le cadre de réglementation devrait être adapté de manière à ne pas seulement autoriser, mais aussi encourager l’OA et la réutilisation. La révision actuelle de la loi suisse sur le droit d’auteur devrait prévoir (...) qu’un droit inconditionnel à une seconde publication soit accordé, comme la communauté scientifique l’a demandé au cours de la consultation".

La question est donc de savoir quels juristes universitaires et professeurs de droit travailleront avec leurs rectorats sur la création de ce nouveau cadre législatif, et comment ils vont s’organiser pour l'adoption d'une position commune nécessaire aux négociations avec les éditeurs dont les lobbies et associations sont puissants et bien organisés ?


Voici réunis en un seul coup d'oeil, des propositions embryonnaires concrètes de positions et de modifications de textes de loi, dont les points forts et faibles pourraient être discutés lors de Swiss IGF le 30.05.2017, pendant le thème "Accès et conditions réglementaires des publications scientifiques – Le droit d’auteur, une barrière ou un pilier?" Ce forum et ce billet pourraient-ils encourager la constitution d’un groupe de travail de professeurs, juristes et responsables d'archives ouvertes pour la réalisation du droit de republication?


jeudi 24 novembre 2016

Open Access et TDM

Redonner le droit d'auteur aux chercheurs par la Loi sur le Droit d'Auteur (LDA) et le Code des Obligations Suisse (COS)!

[Publication 24.11.2016 | Mises à jour 13.04.2017, 23.01.2017]

La loi permettrait aux chercheurs de ne plus transférer exlusivement le droit d'auteur à l'éditeur (photo CC0)

L'Open Access (OA) ne se heurte pas au droit d'auteur parce-que les publications scientifiques sont protégées par celui-ci, mais plutôt en raison de l'exercice de ce droit, dont les éditeurs sont les cessionaires exclusifs. Le droit d'auteur permet de s'approprier une oeuvre et donc d'en interdire l'exploitation par les tiers, mais il pourrait aussi permettre d'organiser le partage d'une publication scientifique si tel était le souhait du titulaire du droit. 

L'enjeu est de donner des moyens au chercheur-auteur scientifique de décider de publier en open access ou non, et de permettre ou non la réutilisation de son article scientifique. Autrement dit, un dispositif législatif devrait donner aux chercheurs-auteurs le moyen d'exercer réeellement leur liberté, en leur offrant la possibilité de choisir les modes de diffusion et de réutilisation de leurs publications. 

L'autre enjeu est de pouvoir extraire, analyser, et interpréter des informations contenues dans les articles scientifiques publiés; depuis longtemps, il est possible de le faire avec un papier et un crayon, mais à l'ère numérique, l'emploi de machines pour l'analyse automatisée des textes pourrait être une opportunité de recherche nouvelle, que la cession exclusive du droit d'auteur à l'éditeur entrave, et que la pratique de l'OA ne suffit pas à résoudre. L'essai propose d'explorer l'introduction d'un droit à la publication secondaire et à l'introduction d'une exception au droit d'auteur à des fins de Text Data Mining (TDM).


lundi 12 septembre 2016

Lectures

Transparence des coûts par éditeurs dans les bibliothèques universitaires


"Compte rendu" du Congrès BIS de septembre 2016


Transparence pour la recherche et transparence des coûts des publications (Photo CC0)


[Publication 12.09.2016 | Mises à jour  21.12.2017 ; 25.07, 13.04. et 10.01.2017, 20.12.2016]

Les conversations "off" et balades à la conférence de l’association Bibliothèque Information Suisse (BIS) m’ont permis de constater que le thème «publication des coûts par éditeurs des journaux scientifiques des bibliothèques universitaires » était mal connu ou sous-estimé. Il n’a fait l’objet d’aucun traitement dans les conférences, workshops ou stands liés au thème de l’éthique des bibliothèques suisses, plutôt focalisées sur la problématique (importante) de la protection des données des usagers; il ne ferait aucunement partie des priorités des instances dirigeantes des bibliothèques universitaires et hautes écoles suisses;  il serait seulement un combat solitaire de M. Christian Gutkecht;  la récolte, la centralisation de données comparables, et la publication de données exportables devraient être effectuées par des tiers aux bibliothèques de swissuniversities: la création de cet outil ne relèverait pas de leur mission; et enfin, si intérêt il y avait, alors la publication serait limitée aux coûts dont les contrats ne contiennent aucune clause de confidentialité, le droit commercial primant sur le droit à la transparence. 

Je ne partage pas ces vues et cette désaffection du sujet. Méconnaissance des récents développements de la transparence de la gestion publique en général? Méconnaissance des enjeux ou des percées récentes de la transparence des coûts de la publication scientifique ? Ou simples opinions différentes? En tous cas, il n'est pas dangereux de suggérer quelques lectures, afin de cerner le sujet!  

vendredi 24 juin 2016

Interpellation citoyenne au Consortium des bibliothèques et BIS

Demande de prise de position sur la transparence des bibliothèques par le Consortium et par la BIS


Réaction à la publication Programme 2017-2020 Information scientifique: accès, traitement et sauvegarde

[Publication 24.06.2016 | Mise à jour 13.04.2017]

Le Consortium des bibliothèques universitaires et domaine EPF suisses est une société simple, sans entité juridique morale, qui implique l’indépendance des membres qui la compose. Les bibliothèques et leur rectorat pourraient décider librement de la divulgation ou non des coûts par éditeur demandés par le citoyen M. Christian Gutknecht. La BIS est une association des bibliothécaires suisses, qui peut rédiger des prises de position. Ce billet demande au Consortium et à la BIS de prendre position sur la transparence des bibliothèques des hautes écoles. Elle aiderait à la réalisation du Programme  2017-2020 Information scientifique: accès, traitement et sauvegarde par swissuniversities. L'Open Access (OA) doit être accompagné d'instruments financiers pour maîtriser les coûts de la publication scientifique. Les prises de position du Consortium et BIS pourraient contribuer à éviter une transition vers l’OA à inflation constante, comme celle des licences durant 30 ans, sans rapport avec l'inflation nationale, et au détriment de la recherche et de l'éducation. 


lundi 4 avril 2016

Réponse aux billets 1, 2, 3 par swissuniversities

"Les années 2016-2017 dessineront les contours d’une politique suisse d’accès à l’information scientifique et de visibilité des publications scientifiques"


Entretien : M. Axel Marion, Vufllens-la-Ville, le 11 mars 2016


Qui êtes-vous M. Axel Marion et quelle est votre activité au sein de swissuniversities?

Je suis responsable du domaine politique des hautes écoles de swissuniversities, au sein de son secrétariat général. Avec mon équipe de 6 collaborateurs, nous travaillons entre autres sur le secteur Qualité et Accréditation et le Développement des Infrastructures, qui comprennent respectivement les projets CUS-P3 Performances de la recherche en sciences humaines et CUS-P2 Information scientifique : accès, traitement, sauvegarde. Je fais partie aussi du Conseil de Fondation de Switch et de son comité.

Pourquoi avoir proposé de me rencontrer après la publication des questions citoyennes formulées dans le blog Publication Scientifique ?

Parce-que swissuniversities a été directement interpellée, et parce-que je voulais souligner qu’elle prend au sérieux les remarques et questionnements énoncés dans ces billets. Il m’importait aussi de formuler un message: swissuniversities a la volonté de mettre en œuvre une stratégie nationale de l’information scientifique basée sur des échanges et des collaborations. Swissuniversities est capable d’écouter les critiques ou opinions divergentes. En revanche, l’analyse des pratiques des négociations des licences nationales par le Consortium des Bibliothèques dans les années 2010 à 2015 ou la conduite des projets CUS-P2 nécessitent un certain devoir de réserve. C’est pourquoi je ne peux répondre dans le détail aux questions énoncées dans les billets.

Pourriez-vous parler de la place de l’Open Access à swissuniversities ?

Très récemment, un groupe de travail Open Access a été constitué à la demande du Secrétariat d’Etat à la Formation, à la Recherche et à l'Innovation (SEFRI). Les noms des membres du groupe de travail seront bientôt publiés (entre-temps, la liste a été publiée). Pour le mois de juin 2016, ce groupe de travail initial est chargé d’élaborer une feuille de route, basée sur une articulation entre les acteurs IT, bailleurs de fonds de recherche, institutions, et bibliothèques, en vue de l’adoption d’une stratégie nationale. Le groupe perdurera certainement jusqu’à fin 2016 et plus, mais pas nécessairement dans sa composition initiale. Par exemple, la récente nomination de M. Vetterli à la présidence de l’EPFL est intéressante. Ses actions pour l’Open Access au Fond National Suisse (FNS) sont connues. En temps voulu, nous serions très heureux de pouvoir utiliser ses connaissances du dossier, au sein de swissuniversities, hors ou dans le groupe de travail Open Access. La composition du groupe de travail Open Access n’est donc pas figée pour des années, et accueillera différentes personnes, selon leurs disponibilités, motivations, et équilibres institutionnels.

Pourriez-vous parler d’autres mesures envisagées par swissuniversities pour structurer l’accès à l’information scientifique et la visibilité des publications?

Pour le moment, nous en sommes aux réflexions d’échanges et de collaborations. Nous ne sommes pas encore dans l’application de décisions. Par exemple, nous travaillons à la création d’un réseau IT, espace d’échanges entre les différents responsables IT des hautes écoles suisses, afin de dégager et de définir des besoins communs en terme d’infrastructures informatiques. Dans le même ordre d’idée, nous envisageons la création d’un réseau Bibliothèques sur le même modèle que le réseau IT. Mais dans ce cas, des questions d’articulation avec la Commission de Bibliothèques Universitaires existante (CBU) se posent.

Les billets de blog appellent à une prise en compte par CUS-P2 d’une vision intégrative des projets au service d’une stratégie nationale à l’information scientifique. Que répondez-vous à cela ?

Je le répète : la stratégie nationale politique de l’accès, sauvegarde, traitement et valorisation de l’information scientifique  doit être pleinement mise en œuvre. C’est précisément ce qui doit être entrepris, et c’est pourquoi je pense qu’il est important tout d’abord de créer des espaces d’échanges. Par ailleurs, nous réfléchissons à des aménagements dans le  pilotage stratégique des projets CUS-P2 2017-2020. Parmi les réflexions possibles, une meilleure prise en compte des trajectoires de carrière des chercheurs, et de leurs besoins.

Je ne puis m’empêcher de vous faire remarquer que le chercheur biomédical en Suisse est par exemple utilisateur des outils Pubmed et PubmedCentral (PMC). Il ignore que ce sont bien les mesures successives d’encouragement, puis règlementation, et enfin rétorsions par l’agence américaine de financement National Institutes of Health (NIH) qui lui permettent aujourd’hui un accès facilité aux textes intégraux biomédicaux (Green et Gold Open Access). Autrement dit, ce n’est pas l’identification des besoins des chercheurs qui a permis la construction de ces deux outils en libre accès, mais bien les mesures politiques d’un bailleur de fonds de recherche qui ont mené à ce succès.

Finalement, que répondez-vous à l’idée d’un débat entre M. Ball, actuel directeur de la bibliothèque de l’ETHZ, et M. Vetterli futur président de l’EPFL, sur leur vision de l’Open Access en Suisse?

Il est trop tôt pour lancer un tel débat. Je vois tout d’abord une table ronde avec d’autres acteurs de réflexion par exemple durant ScienceComm’16 en septembre. Dans une journée Open Access, entre octobre et décembre 2016, si les protagonistes cités sont intéressés et disponibles, un débat ou table ronde est envisageable. Mais afin de construire un véritable dialogue, l’envoi des questions à l’avance et une modération du débat doivent être envisagés. Pour un échange fertile d’arguments !

mercredi 17 février 2016

Questions citoyennes à Swissuniversities (3)

Pour un débat public Bibliothèque de l’ETH/SLSP/Licences nationales et FNS


Réaction à la publication Weg mit den Büchern


Il est temps d’inviter à M. Ball (directeur Bibliothèque ETHZ), et M. Vetterli (Président du FNS) à un débat public. Les hautes écoles et bibliothèques pourraient leur adresser leurs questions et préoccupations sur l’accès à l’information et la publication scientifique. Le dialogue révélerait enfin les états intermédiaires possibles entre la «Totale Bibliothèque Digitale sous Licences» ou le «Total Open Access», tenant compte des coûts de ces modèles, dans le contexte de la restriction budgétaire fédérale à l’éducation et à la recherche. Le débat serait le prélude à une coordination entre pourvoyeur de fonds à la recherche, les universités, et les bibliothèques universitaires.

Questions citoyennes à Swissuniversities (2)

Pour des projets CUS-P2 portant sur l’évaluation de la concentration d’outils pour la réalisation de l’Open Access


Réaction à la publication Projets CUS-P2


A la lecture des projets CUS-P2 en cours, terminés ou acceptés en décembre 2015, il apparaît que les projets ne répondent pas aux demandes de positionnement de la Suisse en matière d’Open Access (OA) (i) Swissuniversities a accepté le mandat du SEFRI visant à développer une stratégie nationale pour l’Open Access. Cette tâche a été attribuée à la Délégation Stratégie et coordination de la politique des hautes écoles de Swissuniversities en février 2016 (newsletter CUS-P2) (ii) White Paper (qui définit les mesures de mise en œuvre de la stratégie nationale pour la concentration des forces dans l’information scientifique, et (iii) SSIC Report 9/2015 Open Access: Publishing, Commerce, and the Scientific Ethos (qui dépeint les options de réalisation possibles de l’OA, mais sans prendre position). 

L’impression actuelle est la foison des projets qui répondent insuffisamment à ces documents fondateurs, demandant une concentration des forces dans l'information scientifique et des décisions stratégiques. Personnellement, j’entends aussi dans cette expression la volonté de concentration d’outils d’information scientifique en Suisse et de coopération internationale afin de renforcer et simplifier l’accès à l’information et la publication Open Access. 

Questions citoyennes à Swissuniversities (1)

Pour une nouvelle gouvernance des projets SLSP et Licences Nationales


Réaction à la publication Der ETH-Bereich und Elsevier Teil 1 et Teil 2


Dans le contexte tendu des restrictions budgétaires à la recherche et à l’éducation en Suisse, il semblerait judicieux d’évaluer les potentiels d’économie par l’amélioration de la maîtrise des coûts à l’information scientifique. C’est pourquoi, j’adresse aux acteurs précités quelques questions basées sur les lectures récentes Der ETH-Bereich und Elsevier: Teil 1, Der ETH-Bereich und Elsevier : Teil 2 et quelques autres, en accès libre [1]. On y trouve des compte-rendus de session du Conseil des Ecoles Polytechniques Fédérales (CEPF) au sujet des négociations entre Consortium et Elsevier pour les licences nationales dans les années 2010, les montants des licences des Universités, et des échanges de mail entre différentes instances. Ces documents démontrent clairement que la recherche « des meilleurs prix » de licences auprès des éditeurs n’a pas été entreprise et les raisons doivent être examinées. Des nouvelles structures, des clarifications juridiques et financières, et des renouvellements de gouvernance doivent être entrepris pour la création de services à l’information scientifique performants pour les chercheurs et étudiants de toutes les Hautes Ecoles suisses.