mercredi 17 février 2016

Questions citoyennes à Swissuniversities (2)

Pour des projets CUS-P2 portant sur l’évaluation de la concentration d’outils pour la réalisation de l’Open Access


Réaction à la publication Projets CUS-P2


A la lecture des projets CUS-P2 en cours, terminés ou acceptés en décembre 2015, il apparaît que les projets ne répondent pas aux demandes de positionnement de la Suisse en matière d’Open Access (OA) (i) Swissuniversities a accepté le mandat du SEFRI visant à développer une stratégie nationale pour l’Open Access. Cette tâche a été attribuée à la Délégation Stratégie et coordination de la politique des hautes écoles de Swissuniversities en février 2016 (newsletter CUS-P2) (ii) White Paper (qui définit les mesures de mise en œuvre de la stratégie nationale pour la concentration des forces dans l’information scientifique, et (iii) SSIC Report 9/2015 Open Access: Publishing, Commerce, and the Scientific Ethos (qui dépeint les options de réalisation possibles de l’OA, mais sans prendre position). 

L’impression actuelle est la foison des projets qui répondent insuffisamment à ces documents fondateurs, demandant une concentration des forces dans l'information scientifique et des décisions stratégiques. Personnellement, j’entends aussi dans cette expression la volonté de concentration d’outils d’information scientifique en Suisse et de coopération internationale afin de renforcer et simplifier l’accès à l’information et la publication Open Access. 



Ne serait-il pas envisageable de faire un appel à proposition de projet pour août 2016 sur les thématiques centrales à l’OA, ou de reprendre contact avec des équipes qui ont déjà soumis un projet, et dont le contenu répondait en partie à l’objectif de concentration des forces pour la réalisation de l’OA?

1. Évaluation d’options pour la création d’un outil de centralisation des flux financiers des coûts de la publication scientifique: dépenses pour les licences: budget des bibliothèques, dépenses pour le Gold-OA : budgets des agences de financement, comme le FNS, CTI, ISCB, Fondation 3R, etc, dépenses pour l’Hybride : budgets de fonctionnement des laboratoires dans les institutions. 

Constats de terrain : la coopération pour une comptabilité analytique entre les Research Offices, les bibliothèques, les secrétaires de laboratoire des institutions, et les fonds de recherche n’existe pas encore, ni entre les institutions de Swissuniversities.

2. Évaluation d’options pour la création d’archive ouverte des publications de Swissuniversities. Les institutions suisses ont créé chacune leur base de données qu’ils appellent abusivement archives ouvertes, qui sont en fait des bases de données de publication pour l'utilisation d’indicateurs bibliométriques, sans (ou peu) de textes intégraux. On peut même lire dans un rapport dans  Mesurer les performances de la recherche 
Rapport final, version du 25 octobre 2013 (p.15),  pour l'Université de Bâle: "le processus s’appuie en particulier sur une banque de donnée qui recense toutes les publications de l’Université depuis 2006 (...). La mise en ligne des données de publication a permis d’améliorer la qualité des données et la présentation des résultats de la recherche de l’Université. Cette banque de données servira aussi de base au serveur institutionnel qui mettra en ligne les textes de nombreuses publications selon la logique Open Access" (!). Les institutions ne semblent pas être en phase avec les règlements du Fonds National, qui demande explicitement la réalisation du Green Open Access dans les 6 mois? 

Constats de terrain : les chercheurs bougent ou et/ou font partie de plusieurs institutions, et sont rebutés, découragés et dégoûtés par les multiples plateformes institutionnelles à remplir en Suisse, et ne voient pas leur intérêt face à des outils leur assurant une véritable visibilité immédiate par les réseaux sociaux académiques comme Academia, Research Gate, ORCID, ou Kudos

3. Évaluation de l’adoption des directives du FNS en matière d’Open Access par toutes les agences fédérales et universitaires de financement de la recherche, comprenant un outil de dépôt de l’ «accepted manuscript» dont la publication est automatiquement déclenchée au terme de la période d’embargo du journal. Cette option existe sur ReroDOC, mais n'est pas généralisée à toutes les archives de publication institutionnelles en Suisse.

Constat de terrain : les chercheurs sont rebutés, découragés et dégoûtés par la complexité de la mise en conformité des règlements Open Access des agences de financement et des périodes d’embargo des éditeurs. Après 6 ou 12 mois, ils oublient de mettre en ligne leur "accepted manuscript", ce qui est complètement normal. 

4. Évaluation des options de participation de la Suisse à des bases thématiques internationales de textes intégraux Open Access dans le cloud,par exemple EuropePMC ou BioArXiV. La Suisse semble très intéressées par le développement du Text et Data Mining (TDM) sur les serveurs Open Access et les dépôts ORD, mais il serait politiquement judicieux de participer aussi à la création de ressources internationales à exploiter.

Constat de terrain : les chercheurs sont rebutés, découragés et dégoûtés par le nombre de demandes à déposer auprès de chaque éditeurs et les coûts pour réaliser du Text et Data Mining (TDM) sur les publications. Le Copyright européen ne comprend pas l’exception de réutilisation des publications à des fins de recherche, contrairement aux droits américains et britanniques qui comprend l'exception pour la recherche.  

5. Évaluation des articulations de projets Open Research data comprenant la publication de données Zenodo (financement européen, projet au CERN)  Open Research Data SwitzerlandDLCM et FORS, pour éviter des redondances, simplifier la prise de décision des chercheurs pour le choix d'un outil, et constituer des alternatives crédibles aux poids lourds américains multidisciplinaires Figshare et Dryad

Constat de terrain : les chercheurs déposent dans Zenodo, Figshare, et Dryad aux fonctionnalités avancées telles que versioning, modifications des fichiers et datasets par un compte personnel utilisateur.

6. Évaluation de l’adoption de guidelines de reporting dans les publications, par toutes les agences de financement et des universités, à des fins de qualité, validité et transparence de la recherche, comme TOP guidelines, ou celles proposées par le site Equator Network dans le domaine de la recherche biomédicale.

Constat de terrain : la validité et la reproductibilité scientifique sont vivement débattues au sein de la communauté internationale. Bien que le support digital permette l’extension de matériel et méthodes des articles, les chercheurs omettent de mentionner les justifications de choix expérimentaux et de publier les protocoles à des fins de reproductibilité. La recherche suisse est petite, mais peut être fortement valorisée par une haute qualité de sa recherche.

7. Evaluation d’options pour la création d’un helpdesk publication par une mise en réseau des acteurs institutionnels pour les chercheurs de Swissuniversities (copyright et CC compliance, droit d’auteur, choix de journal, choix de dépôt de données publiées, mise en conformité avec la protection des données personnelles, aide à la rédaction de Data Research Management Plan (DMP), Green Open Access compliance, utilisation de Sherpa/Romeo)

Constat de terrain : les chercheurs sont submergés par la complexité des rédactions de projet et publications: DMP, soumissions de projets, guidelines des journaux, institutions, . et instances de financement, Open Access, Open Data, protection des données, etc. Ils doivent pouvoir trouver de l’aide pour leurs rédaction, afin de gagner du temps pour la recherche.

Bon vent aux projets CUS-P2, qui j’espère comprendront des projets d’outils d’intégration et de gestion de l’Open Access au niveau national, mais aussi des collaborations internationales.


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